Dimanche 20 Juillet 2008
N° 105 - Juillet 2008
Sommaire
La chronique de
Pierre Cornillot
La chronique de
Stéphane Di Vittorio
La chronique de
Martine Gardénal
La chronique de
Roselyne Morel
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d'Hélène Wintrebert
La chronique de
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La chronique de
Soana Kristen
La chronique de
Bérengère Arnal
La chronique de Marie-
Hélène Groussac
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La plante médicinale, complément alimentaire, une ineptie
Le végétal à usage thérapeutique subit des contrôles rigoureux avant d’être mis sur le marché : vérification de son identité botanique et chimique (chromatographie), innocuité bactériologique, absence de pesticides (herbicides, insecticides, antifongiques) et de métaux lourds, titre régulier en produits actifs… Toute la chaîne, qui va de l’origine de la semence, de la culture, à la récolte et au séchage, importe pour attester de la qualité de la plante. On attend d’elle qu’elle ne soit pas OGM, par exemple pour le soja, et si possible qu’elle soit issue de la culture “bio” ou bien ramassée à l’état sauvage. Mais, là encore, il y a lieu de continuer à être prudent, certains thyms, lavandes ou sarriettes sauvages de l’est de la France sont restés (et le sont peut-être encore), des années après Tchernobyl, avec des taux de radioactivité bien supérieurs à la dose acceptable. Que dire alors de ces nombreuses plantes médicinales sèches destinées à l’usage de tisanes qui sont importées des pays de l’Est.
Une fois ces contrôles effectués, la plante médicinale revendique des propriétés issues de la tradition, donc d’un usage médical établi. Pour plusieurs centaines d’entre elles, la science moderne atteste, par le biais de publications scientifiques, de la confirmation de la “bona fama”, c’est-à-dire de la bonne réputation de la plante. On s’éloigne alors des remèdes de “bonne femme” pour s’ouvrir au monde de la thérapeutique.
La dénomination de complément alimentaire confère au phyto-médicament une place tout à fait dépréciée, aux yeux du grand public mais aussi de certains confrères. Ils oublient que plus de 50 % des médicaments ne seraient pas sans le végétal : hormones stéroïdes, antibiotiques, antimitotiques… La libéralisation du marché en matière de compléments alimentaires fait que certains industriels profitent de la situation pour faire la promotion mensongère de pseudo-médicaments et revendiquer des propriétés thérapeutiques à, par exemple, de simples yaourts additionnés de quantités infimes de végétal. Le ridicule n’est pas loin. Il faut s’insurger contre tout cela.
Il y a lieu de dire et d’affirmer que le végétal au titre de phyto-médicament a sa place dans l’arsenal thérapeutique du médecin averti, seul ou en complément de l’allopathie de synthèse, il peut être associé à toutes les autres médecines non conventionnelles.
Bérengère ARNAL



Responsable du diplôme universitaire de phytothérapie, à la faculté de médecine Paris XIII, présidente de l’association Au sein des femmes, prévention, dépistage, accompagnement des femmes atteintes de cancer du sein, vice-présidente de l’AMPP, Association médicale pour la promotion de la phytothérapie. Auteur, coauteur : La Ménopause - Ce qui marche, ce qui ne marche pas en phytothérapieLa Santé par les plantes - Comment enrayer l’“épidémie” des cancers du sein ? - Les Meilleures Tisanes santé.