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Laits pour nourrissons : une réglementation inadaptée 22-10-2007 -Une étude effectuée aux USA en 1910 avait constaté que les bébés qui n’étaient pas allaités avaient un taux de mortalité 6 fois plus élevé que ceux qui l’étaient. Des études récentes permettent de penser que les laits industriels pour nourrissons sont encore aujourd’hui aux USA à l’origine d’une augmentation significative de la mortalité infantile.
Une étude publiée en 2004 (Rogan et al) estimait qu’environ 720 décès pourraient être évités tous les ans aux USA si tous les enfants étaient allaités (mortalité entre 28 jours et 12 mois). Cet impact du non-allaitement est probablement sous estimé : les décès pendant le premier mois n’ont pas été pris en compte, ni le caractère exclusif ou non de l’allaitement ; les décès après un an n’ont pas non plus été comptabilisés.

Certes, l’impact négatif du non-allaitement est bien moins important dans les pays industrialisés que dans les pays en voie de développement. Mais à peu près toutes les études qui comparent la morbidité chez des enfants allaités et des enfants nourris au lait industriel constatent une morbidité plus élevée chez les enfants qui ne sont pas allaités. L’allaitement présente de nombreux bénéfices pour l’enfant et pour sa mère. Le choix d’allaiter ou non a aussi d’importantes conséquences économiques, pour les familles comme pour les nations. Une étude a estimé qu’au minimum 3,6 milliards de dollars pourraient être économisés tous les ans rien que sur le coût du traitement de 3 maladies infantiles si la prévalence de l’allaitement était conforme à ce qui est souhaité par les services de santé américains. Ce chiffre serait encore plus élevé si tous les enfants étaient allaités selon les recommandations de l’OMS (allaitement exclusif pendant 6 mois, puis poursuite de l’allaitement parallèlement à l’introduction d’autres aliments jusqu’à 2 ans et au-delà).

Les contre-indications à l’allaitement

Elles sont rares. Elles concernent les enfants qui ont certaines anomalies métaboliques et qui doivent recevoir une alimentation spécifique (déficience congénitale en lactase, galactosémie, phénylcétonurie). L’allaitement pourra également être déconseillé si la mère présente certaines pathologies infectieuses, si elle prend certains médicaments ou si elle est toxicomane, ou a un taux élevé de polluants dans son lait. Mais ces circonstances sont rares aux USA. Dans certains cas, l’enfant ne pourra pas prendre le sein (prématurés par exemple), mais il pourra recevoir le lait de sa mère. Il semble raisonnable d’estimer que moins de 5% des enfants nés aux USA ont besoin de recevoir un substitut du lait maternel pour des raisons médicales.

Les standards de sécurité alimentaires
Le Codex Alimentarius définit les règles de sécurité sur le plan alimentaire. Son principal objectif est de protéger la santé des consommateurs, de veiller à des pratiques éthiques au niveau du commerce alimentaire, et de promouvoir une bonne coordination entre les divers standards définis par les organisations gouvernementales ou non gouvernementales. En 1976, lors de sa 11ème session, le Codex Alimentarius a dit qu’il était nécessaire d’encourager l’allaitement par tous les moyens possibles, et de veiller à ce que le déclin de l’allaitement n’ait pas pour résultat une alimentation inadéquate des jeunes enfants susceptible d’avoir un impact négatif sur leur santé. Lors de cette réunion, le Codex a également édicté un standard de composition pour les laits industriels. Une version révisée de ce standard a été publiée en 1981, et n’a guère été révisée depuis.

Le Codex a un code d’éthique commerciale en matière d’alimentation, adopté en 1979 et amendé en 1985. Ce code reconnaît le Code de Commercialisation des Substituts du Lait Maternel. Aux USA, les laits industriels pour nourrissons, contrairement à tous les autres aliments, ont leur législation spécifique. Elle définit les limites inférieures pour les 29 nutriments listés. Dans l’ensemble, elle dit que, en l’absence d’un problème spécifique, n’importe quel lait industriel qui inclut la liste des ingrédients spécifiés dans les quantités requises ne présente aucun danger. La législation des laits industriels est similaire dans de nombreux autres pays. Un texte édicté par la Commission Européenne sur les laits industriels en 1991 affirme que les laits industriels pour nourrissons sont le seul produit qui couvre totalement les besoins nutritionnels des nourrissons pendant les 4 à 6 premiers mois de vie. On ignore comment les auteurs de ce texte sont arrivés à cette conclusion. De nombreux pays en voie de développement n’ont aucune législation concernant les laits industriels ; et les conséquences néfastes de l’utilisation de ces laits sont bien plus importantes dans ces pays en terme de morbidité et de mortalité infantiles.

Les laits industriels sont supposés être sans danger
Le système de sécurité alimentaire dans des pays tels que les USA ou l’Angleterre est fondé sur l’appréciation du caractère dangereux ou non de la consommation d’un aliment. Normalement, les laits industriels doivent être fabriqués avec des ingrédients considérés comme sans danger pour la consommation, ou avec des additifs approuvés pour cet usage. La plupart des laits industriels sont fabriqués à base de lait de vache ou de lait de soja, deux produits considérés comme inoffensifs, et qui ne sont donc soumis à aucun contrôle. En conséquence, le principal ingrédient des laits industriels est tout simplement supposé être sans danger pour l’alimentation des nourrissons. Aucune évaluation de son adéquation pour l’alimentation infantile n’a été menée. Si les critères de sécurité alimentaire sont raisonnables en ce qui concerne un aliment particulier, ils peuvent ne plus l’être quand cet aliment constitue l’unique aliment d’un être humain. Les hamburgers sont raisonnablement sans danger pour une consommation occasionnelle, mais comme seul et unique aliment on peut difficilement dire qu’il en est de même. Le lait de soja est considéré comme sans danger parce que le soja est consommé sous diverses formes depuis longtemps sans problèmes apparents. Mais personne n’a jamais évalué l’impact d’une alimentation exclusivement à base de soja chez des adultes, et a fortiori chez des bébés. On a juste supposé que c’était sans danger d’utiliser du soja pour fabriquer des laits industriels pour nourrissons. La réglementation concernant les laits industriels ne demande pas que l’on évalue la sécurité d’utilisation de laits industriels à base de soja chez les bébés.

Un rapport reconnaissait que la consommation de lait industriel à base de soja était susceptible d’induire des troubles du développement, de la thyroïde et de la fonction reproductrice. Il est intéressant de constater que ce rapport a été publié par le département de l’agriculture. Et si le soja est utilisé depuis très longtemps sous certaines formes dans certaines sociétés, le soja génétiquement modifié est nouveau ; et il a été défini comme a priori sans danger, y compris pour la fabrication de produits destinés à l’alimentation des nourrissons. De nombreux fabricants de lait industriel (Nestlé, Mead Johnson et Ross) reconnaissent utiliser des produits génétiquement modifiés dans leurs laits industriels et leurs aliments pour enfants. Ils disent pour leur défense qu’ils respectent les standards de sécurité. Cela démontre simplement que ces standards sont inadaptés. Le gouvernement des USA demande une évaluation de la sécurité de tous les nouveaux produits qui sont ajoutés au lait industriel. Mais il n’existe aucune mesure d’évaluation des laits industriels pour les comparer à l’étalon-or, le lait humain. On compare un lait industriel standard à un nouveau lait industriel, mais le plus souvent aucun de ces laits n’est comparé au lait humain. Ou, pour être plus précis, l’impact de ces laits sur l’enfant n’est pas comparé à l’impact de l’allaitement. La législation américaine demande à un fabricant de démontrer qu’un changement de composition dans le lait industriel qu’il commercialise ne présente pas de danger ; elle ne demande pas de vérifier l’innocuité du produit de base.

Un autre point important est l’impact d’une utilisation incorrecte du lait : eau de mauvaise qualité, dilution incorrecte du lait. Les fabricants de lait industriel affirment qu’ils ne sont pas responsables de ce qui se passe si leur produit n’est pas utilisé correctement, et que, sauf d’exceptionnels accidents, leurs laits industriels sont sans danger, même s’ils ne sont pas utilisés correctement. On pourrait espérer que la réglementation prendrait en compte ce problème, mais ce n’est pas le cas.

Deux sortes de risques
Deux sortes de risques alimentaires doivent être distingués. Ceux liés à la contamination par un facteur spécifique, qui induit un effet néfaste identifiable et habituellement d’apparition rapide. Ce type d’effet est relativement rare. Cela peut se rencontrer avec les laits industriels ; par exemple, des contaminations par E sakazakii ont induit des infections et des décès chez des nourrissons. Les laits industriels ne sont pas stériles, et ce type d’incident se produit régulièrement, mais ne touche qu’un petit nombre d’enfants. Il y a eu également des cas d’erreurs dans la composition du lait industriel, ou de fraudes.

Ce type d’effet néfaste, très visible mais touchant peu d’enfants, est différent d’un risque peu visible parce que peu important, ou survenant sur le long terme, et pouvant toucher de nombreuses personnes. Ce type de risque ne peut être détecté que par des enquêtes statistiques à l’échelle d’une population. Par exemple, l’impact négatif des acides gras trans (graisses hydrogénées) ne pourra être détecté que par une étude de grande envergure (quels sont les problèmes de santé rencontrés par les personnes qui en consomment des quantités importantes). Ces effets néfastes, bien que très peu visibles à l’échelle individuelle, peuvent avoir un impact considérablement plus important à l’échelle d’une population que les effets immédiats et clairement visibles. La FDA américaine a un site Internet qui recense les problèmes induits par le lait industriel, comme les épidémies d’infections à E sakazakii, mais il n’est pas conçu pour prendre en compte des problèmes tels qu’un moins bon développement immunitaire ou cognitif chez les enfants qui reçoivent ces laits.

Quel devrait être le niveau de sécurité des laits industriels ?
Les laits industriels sont moins bons que le lait humain, on le sait. Mais il reste à déterminer jusqu’à quel point on peut accepter qu’ils soient moins bons. On peut mesurer leur niveau de sécurité par le biais d’indicateurs tels que la mortalité excédentaire chez les enfants qui reçoivent ces laits par rapport aux enfants allaités. Mais quel que soit l’indicateur, il se pose la question de savoir à partir de quelle limite on déterminera que la différence avec le lait humain est devenue suffisamment importante pour qu’on s’en préoccupe sérieu-sement.

La plupart des gens estiment que, dans les pays industrialisés, le lait industriel représente un second choix raisonnable, pas de quoi se poser des questions. Certains diront que la situation est du même ordre que de choisir de consommer des céréales raffinées ou des céréales complètes. Les laits industriels sont cependant fondamentalement différents dans la mesure où ils constituent l’unique aliment d’un bébé, à savoir d’un être humain particulièrement vulnérable. Le risque que le second choix soit un mauvais choix est beaucoup plus élevé en pareil cas. Dans les pays occidentaux, de nombreux parents pensent que les laits industriels ne présentent aucun risque. Après tout, de nombreux bébés en reçoivent et semblent bien s’en porter. Ils se disent que si on les vend, c’est que ce sont de bons produits.

Il serait intéressant de comparer avec d’autres produits. Par exemple, au bout de combien de décès d’enfants est-ce qu’on retirerait de la vente le jouet qui les a provoqués ? Il est fort probable qu’un tel jouet serait retiré de la vente s’il induisait autant de décès que le non-allaitement. Nous avons donc besoin de données précises sur l’excès de morbidité et de mortalité lié au non-allaitement, afin de pouvoir définir à partir de quelle limite cet excès devient inacceptable. Quels critères utiliser pour ce faire ? Il faut prendre en compte dans cette analyse le fait que le risque n’est pas le même pour tout le monde. Bien sûr, il est plus élevé dans les pays pauvres que dans les pays riches. Et même dans un pays riche, il sera plus élevé dans certaines catégories de population. Or, c’est dans ces catégories que la prévalence de l’allaitement est la plus basse.

Les laits industriels présentent-ils un niveau de sécurité suffisant pour que leur vente soit autorisée ? Ou cette vente devrait-elle être réglementée, avec par exemple une vente uniquement en pharmacie et sur ordonnance, comme c’est le cas dans certains pays ? Les laits industriels peuvent être considérés comme présentant un bon niveau de sécurité dans le sens que leur consommation induit rarement une maladie ou un décès rapide dans les pays industrialisés. Mais ils peuvent présenter un mauvais niveau de sécurité sur le plan de la santé et du développement à long terme des enfants.

Quels sont, par ailleurs, les avantages des laits industriels ? Dans certains cas exceptionnels (voir le paragraphe sur les contre-indications à l’allaitement), ces avantages pour l’enfant sont évidents. Mais dans la grande majorité des cas, les laits industriels ne présentent aucun avantage pour l’enfant, et servent surtout l’intérêt de la mère. Ce dernier doit indiscutablement être pris en compte. Mais il est alors nécessaire de se demander quel niveau de risque il est acceptable de faire courir à l’enfant dans l’intérêt de la mère. Jusqu’à maintenant, cette question n’a jamais été réellement soulevée.

La complexité du lait humain
Un certain nombre d’études ont été effectuées sur la composition du lait humain et du lait industriel, et les différences entre eux. La principale différence est que le lait in-dustriel n’apporte pas les facteurs immunitaires du lait humain. Ce dernier contient des anticorps et de nombreux composants immunocompétents, des facteurs de croissance, des acides gras spécifiques. Certains laits industriels comportent de l’acide arachidonique et de l’acide docosahexaénoïque, mais leur impact à long terme est inconnu. Ajouter ces acides gras au lait industriel ne permet pas de dire que leur impact sera le même que l’impact de ces acides gras dans le lait humain.

L’approche actuelle est de dire que les laits industriels sont sans danger à partir du moment où leurs divers composants ne sont pas dangereux. C’est une approche réductionniste : un produit est davantage que la somme de tous ses constituants. La complexité des interactions entre les différents composants du lait humain et du lait industriel est illus-trée, par exemple, par la biodisponibilité du fer ; elle est très bonne dans le lait humain, mais pas dans le lait industriel. Le taux de fer des laits industriels est donc beaucoup plus élevé que celui du lait humain, avec les conséquences néfastes que cela peut avoir. Il est nécessaire de reconnaître le fait que le lait humain est un produit vivant, complexe et évolutif, et pas juste une collection de molécules inertes.

L’allaitement

Pour être plus précis, on devrait comparer l’alimentation au lait industriel avec l’allaitement en tant que comportement, et non uniquement sur le plan alimentaire, dans la mesure où l’allaitement représente davantage que le simple transfert d’un liquide nutritif de la mère à l’enfant. La façon dont l’enfant reçoit le lait peut également avoir son importance.

Le principal but de l’alimentation chez le bébé est d’assurer la santé à long terme : non seulement la croissance, mais également la protection vis-à-vis des allergies et des infections, et un développement physique et cognitif optimal. Le seul moyen de comparer l’alimentation avec un lait industriel et l’allaitement est de comparer à long terme les caractéristiques des personnes qui ont été nourries de chaque façon. La « fonctionnalité » des laits industriels n’a jamais été évaluée. Le critère actuel pour déterminer l’adéquation d’un lait industriel est qu’il « permet une croissance physique satisfaisante ». Très peu d’attention a été portée sur l’impact à long terme sur la santé et le développement de l’individu nourri avec ces laits.

Date limite de vente dépassée et rappels de lots

Le lait industriel en poudre n’est pas un produit stérile, et il se dégrade avec le temps. Il existe une législation sur l’obligation de faire figurer une date limite de vente. Mais de nombreux magasins aux USA vendent du lait dont la date limite de vente est dépassée. Et l’essentiel du lait industriel vendu dans les pays pauvres est du lait dont la date limite de vente est dépassée. Ces laits périmés sont également déstockés par le biais de dons lors de catastrophes naturelles ou de guerres. En cas de rappel de lots de laits industriels suite à un problème de contamination ou de composition, on ignore ce que les fabricants de lait industriel font du lait retiré de la vente. Il n’existe aucun système de suivi de ce qu’il advient de ces laits, ni aucune législation punissant les abus.

Sécurité alimentaire et adéquation nutritionnelle
Lorsqu’on se demande si un lait industriel est sans danger, nous devons nous demander : sans danger dans quel sens ? Si nous voulons dire par là qu’il ne contient pas de bactéries dangereuses ou qu’il comporte tous les ingrédients inscrits sur une liste, ce n’est pas du tout la même chose que de dire qu’il contient tous les éléments qui permettront à l’individu de développer une santé optimale. Dire qu’un aliment ne vous rend pas rapidement et visiblement malade n’est pas du tout la même chose que de dire qu’il répond à tous vos besoins. L’alimentation avec un lait industriel ne répond PAS à tous les besoins des enfants. Personne ne peut affirmer le contraire.

La sécurité alimentaire est généralement perçue de façon réductrice, avec focalisation sur quelques risques immédiats. Mais il serait nécessaire de porter une attention équivalente à l’adéquation nutritionnelle. Normalement, si des études montrent que les enfants nourris avec un lait industriel donné ont une morbidité et une mortalité plus élevées que les enfants allaités vivant dans la même population, alors ce lait devrait être retiré du marché. Agir ainsi montrerait que l’on privilégie l’intérêt des enfants plutôt que celui de l’industrie. L’alimentation des enfants avec un lait industriel a été qualifiée de « plus vaste expérience in vivo incontrôlée de l’histoire humaine » (Minchin, 1998). Dans une expérience, on est censé collecter des données et les analyser afin d’évaluer les conséquences. Actuellement, les agences gouvernementales qui sont responsables de la sécurité des consommateurs ne collectent pas de façon systématique des données sur l’impact des différentes méthodes d’alimentation infantile.

En conclusion

Lorsqu’on examine de près les recommandations et les réglementations internationales concernant l’utilisation des laits industriels pour nourrissons, nous devons nous demander si elles sont réellement adaptées à ces laits. Or : Les standards actuels ne prennent en compte que des aspects ponctuels de la sécurité. Ils ne prêtent pas suffisamment attention à l’adéquation nutritionnelle en terme de fonctionnalité.
Ces standards ne permettent pas d’évaluer les effets à long terme à l’échelle d’une population.

Ils partent du principe que le lait de vache, le lait de soja normal ou génétiquement modifié sont a priori sans danger en tant que composant de base pour la fabrication des laits industriels.

Ils voient le lait industriel uniquement comme une collection de composants inertes, et ne prennent pas en compte la complexité et le caractère dynamique du lait humain.

S’il est généralement reconnu que le lait industriel est inférieur au lait humain, il n’existe aucune limite définissant jusqu’à quel point il est acceptable qu’il soit inférieur en terme de santé infantile.

La réglementation concernant le lait industriel périmé ou retiré de la vente est insuffisante.

Les standards évaluent le lait industriel, produit constituant l’alimentation unique du bébé, de la même façon que les produits qui ne représentent qu’une partie d’une alimentation diversifiée, alors qu’ils devraient évaluer son adéquation en tant qu’aliment unique.

On constate une nette répugnance à comparer l’impact de l’alimentation au lait industriel et de l’allaitement en tant que comportement (et pas uniquement sur le plan nutritionnel) sur le plan de la santé et du développement à court et à long terme.

En conclusion, les standards actuels protègent essentiel-lement non les intérêts des enfants, mais ceux des fabricants de lait industriel, même si cela fait courir un risque aux enfants.

D’après : The inadequacy of standards for infant formula. G Kent. July 29, 2005.
Publié dans les Dossiers de l'Allaitement 2007 ; 72 : 12-16
Le texte intégral de l’article original peut être télé-chargé sur le site de George Kent à l’adresse suivante :
http://www2.hawaii.edu/~kent/THE%20INADEQUACY%20OF%20STANDARDS%20FOR%20INFANT%20FORMULA%202005.doc

Le Pr George Kent est professeur au Département de Sciences Politiques de l’Université d’Hawaii, et co-délégué de la Commission internationale des Droits Hu-mains. Il a travaillé en tant que consultant pour de nom-breuses organisations internationales dans le domaine des droits humains, tout particulièrement en rapport avec la nutrition et les enfants.



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"publié dans les Dossiers de l'Allaitement 2007 ; 72 : 12-16"

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